Chers
amis,
Une fois
encore, parlons des normes IAS.
Celles-ci,
vous le savez, ont été adoptées
en bloc par l’ARC le 16 juillet dernier dans leur
version de fin 2002, à l’exception des normes 32 et
39 relatives aux instruments financiers.
Un vote « en bloc » intervient pour la première
et la dernière fois, les normes à venir ainsi
que les amendements attendus à chacune des normes adoptées
devant être désormais votés
individuellement s’ils sont conformes aux critères
retenus par la Commission Européenne
et s’ils ne sont pas contraires à l’intérêt
public européen.
L’intérêt de la Commission, des professionnels
de la comptabilité comme des régulateurs,
pour des normes de qualité et pour un processus d’adoption
de celles-ci par le normalisateur
international en tout point conforme aux règles de gouvernance
qui s’imposent aux entreprises
comme au monde politique, a permis que les normes 32 et 39
soient réexaminées dans leur
version finale après que les entreprises et les professionnels
concernés auront pu faire valoir
avec succès, du moins l’espèrons-nous, leurs
arguments.
L’organisation de tables rondes et de rencontres
techniques entre l’IASB et la Fédération
Bancaire Européenne au cours du premier semestre 2003 aura
permis d’amener les membres
du Board à reconnaître le bien fondé de la « macro-couverture ».
Cette technique de couverture fera l’objet d’un
exposé sondage
publié en
septembre que chacun pourra commenter jusqu’à la
mi-novembre.
Je ne
peux qu’encourager chaque banque
française à faire
part de ses observations, à parution de l’exposé sondage,
afin que la participation du monde bancaire français
et européen à ce processus soit massif, démontrant
ainsi tout l’intérêt
que nous portons à un « due-process » efficace
et de qualité. Cette marque d’intérêt
est d’autant plus essentielle que plusieurs sujets
restent à traiter
dans le document qui nous sera proposé,
d’une importance capitale pour un grand nombre de
banques.
En effet,
les dépôts à vue
ne devraient pas être
reconnus comme éligibles à la macro-couverture
telle que définie comptablement, ce qui rendrait
pour la plupart des banques la technique proposée
inopérante.
En outre les modalités
de mesure et de comptabilisation de l’éventuelle
inefficacité de
la couverture en « juste valeur » de
portefeuilles d’intermédiation bancaire appellera,
sans nul doute, de nombreux commentaires, cette technique
ouvrant la voie à l’évaluation de ces
portefeuilles en « fair-value ».
Enfin, l’impossibilité de couvrir en taux
un portefeuille d’investissement reste une anomalie à laquelle
il conviendra de remédier.
En
reconnaissant l’existence de la macro-couverture l’IASC
a fait un pas en avant sur le plan
comptable. Encore devrons-nous convaincre le Board que les dépôts à vue
ne doivent pas
en être exclus.
Le prochain
semestre sera déterminant
pour les banques afin de trouver la meilleure évolution
pour ces sujets. Si tel n’était pas le cas, il faudrait
se résoudre à concevoir une norme
européenne mieux adaptée au bien public européen.
Avant
cette échéance, je souhaite à tous de
bonnes vacances.
Gérard
GIL
Président de l’ADICECEI